LES TYPES DE FÛTS

Un peu d'histoire !

Si leur utilisation par les distilleries n’est pas toute récente, les fûts de bois sont cependant utilisés pour le stockage de denrées alimentaires depuis plusieurs millénaires. En effet, les Romains transportaient et stockaient déjà leurs biens au sein de ces grands contenants en bois.

Si au fil des années, le développement du carton, des containers en plastique et autres palettisation ont rendu l’utilisation des fûts obsolète pour le transport de marchandises, ceux-ci ont gardé tout leur intérêt dans l’industrie du vin, de la bière et des spiritueux, qui utilise le bois comme « exhausteur de goût ».


Un fût, des fûts... Beaucoup de fûts.

Casks, barrels, puncheons, hogsheads… Il existe de nombreux termes pour décrire les fûts selon leur capacité et autres caractéristiques.

Parmi les plus populaires :

-         Puncheon : 500 litres. Très utilisé dans l’industrie du rhum mais également de Sherry en Espagne (bien que sa forme diffère quelques peu) et par conséquent, souvent utilisé par les distilleries de whisky pour apporter une finition à leurs spiritueux.

-         Port Pipe : 650 litres. Construit à partir de larges douelles de chêne européen, comme son nom l’indique, il s’agit de fûts utilisés pour le vieillissement des vins de Porto. Ils sont ensuite prisés par les distilleries de whisky. Ces fûts sont reconnaissables à leur forme longue et étroite.

-         American Barrel : de loin le plus utilisé, d’une capacité de 180 à 200 litres. L’avantage ? La loi impose aux producteurs de whiskey américain l’utilisation de fûts de chêne neufs, une fois les fûts utilisés outre-Atlantique, ceux-ci sont donc recyclés par les distilleries écossaises (ou d’autres pays). Ils sont souvent démantelés et les douelles envoyées en vrac en Europe sont ensuite reconstituées par les « cooperages » locaux.

-         Sherry Butt : d’une capacité de 478 à 500 litres. Ces gros et longs fûts sont les fûts de sherry les plus courants. Ils sont tellement utilisés pour le vieillissement du whisky qu’une véritable industrie s’est développée en Espagne, où les fûts sont construits et uniquement « assaisonnés » avec du sherry pendant 3 ans. Dans de nombreux cas, le vin contenu dans ces fûts est ensuite distillé en brandy.

-         Hogshead : de 200 à 250 litres. Il s’agit en réalité de fûts reconditionnés. Il n’est pas rare que 5 American barrels traditionnels (de 180 à 200 litres), dont les douelles sont envoyées en Europe démantelées, soient reconstitués en 4 fûts de plus grande contenance. De nombreuses distilleries préfères les hogsheads qui permettent de stocker plus de whisky au sein des warehouses. Certaines disent qu’il s’agit également du ratio optimal entre spiritueux et contact avec le bois.

-         Quarter Cask : environ 50 litres, ou un quart des barrels américains classiques. Leur plus petite contenance permet une plus grande surface de contact entre le bois et le spiritueux et donc un vieillissement plus rapide (le spiritueux colore plus rapidement). Cependant, un vieillissement plus rapide n’est pas forcément bénéfique… Il faut savoir être patient dans l’industrie du whisky !

Les anciens fûts de Sherry (vin fortifié espagnol produit dans la région de Jerez) étant très populaires pour le vieillissement du whisky, lui conférant des arômes caractéristiques de chocolat, fruits secs, noix et autres cake, ils se monnayent souvent 3 voire 4 fois plus cher que les classiques ex-fûts de Bourbon américains, pouvant atteindre facilement 1000€ l’unité.


Différentes capacités, mais également différents bois.

Quercus Alba, Quercus Robur… Des termes qui peuvent sembler barbares mais qui correspondent aux différents bois utilisés pour la construction des fûts par les « coopers ».

En effet, chaque bois, flexible et solide à la fois, possède ses propres qualités. Par exemple, les producteurs de Cognac utilisent exclusivement le chêne du Limousin. Les distilleries de whisky quant à elle utilisent principalement deux types de bois : le chêne blanc américain (Quercus Alba) et le chêne européen (Quercus Robur). Ou les deux en même temps !

Vous avez peut-être déjà vu des bouteilles portant les mentions « double wood » ou même « three wood » ? Il s’agit de whisky ayant vieilli dans différents types de fûts, le produit final étant un savant blend (mélange) opéré par le Master Blender afin de produire le profil aromatique désiré en utilisant les différentes caractéristiques apportées aux whiskies par les différents types de fûts dans lesquels ceux-ci ont vieilli. Un véritable travail d’orfèvre !

Allumez le feu…

Lors du reconditionnement des douelles en fûts, les coopers pratiquent un procédé appelé le « charring ». Il s’agit de carboniser l’intérieur du fût. Si tout bêtement on peut penser que le but est d’apporter un arôme fumé au whisky, en réalité, ce procédé a bien plus d’importance que ça puisqu’il permet de changer la nature du bois en elle-même, afin d’avoir la meilleure réaction entre le bois et le whisky.

Et puisque tout cela n’était pas encore assez complexe, sachez qu’il existe différents niveaux de « charring ». En effet, le degré de carbonisation est fondamental pour le futur spiritueux qui vieillira dans le fût. Par exemple, plus le degré de charring sera élevé, plus douce se fera l’interaction entre le spiritueux et les tannins du bois.