LES TYPES D'ALAMBICS

alambics whisky

L’alambic, un outil complexe

Si vous avez déjà visité une distillerie de whisky ou même participé à une dégustation, vous savez à quel point l’accent est mis sur le vieillissement : on dit que plus de 80% des saveurs du whisky dans votre verre viennent du temps passé en fût. Et ce n’est pas faux. Mais saviez-vous que le type d’alambics utilisés pour la distillation est également crucial ? Traditionnels, à collonnes ou encore charentais, chaque alambic est unique et joue un rôle fondamental sur le caractère du futur spiritueux

Il existe ainsi de nombreux type d’alambics, dont les plus courants pour la production de whisky sont :

- L’alambic à colonne : alors que les Pot Still opèrent par « batch », les alambics à colonne peuvent opérer de façon continue (on les appelle ainsi également « continuous stills »). Ils peuvent également produire un spiritueux titrant à plus de 90° à la sortie de l’alambic, ce qui est impossible avec une distillation en alambic traditionnel.

Si la plupart sont en cuivre, certains comprennent également des éléments en acier inoxydable – il s’agit d’un élément important à prendre en compte puisque le contact des vapeurs avec le cuivre permet de supprimer les substances sulfurées et donc indésirables du spiritueux.

- L’alambic traditionnel ou Pot Still : pour faire simple, il s’agit d’une grosse bouilloire servant de base à une sorte de chapiteau, relié à un col de cygne puis un condenseur. Fabriqué en cuivre, leur base est la plupart du temps en forme d’oignon (« oignon shape ») ou encore de sphère (« boil ball ») mais peuvent également être en forme de poire ou de cloche !

- L’alambic hybride : La plupart des nouvelles micro-distilleries (spécialement aux Etats-Unis) utilisent en réalité un alambic hybride. Il s’agit d’une base d’alambic traditionnel mais comprend également une ou plusieurs colonnes. Ce type d’alambics offre plus de flexibilité en termes de production pour les distilleries qui peuvent ainsi produire différents types de spiritueux avec le même alambic.


- Coffey Still & Patent Still : Que vous l’appeliez Coffey Still, Patent Still ou Continuous still, il s’agit tout simplement d’un alambic à colonnes comme décrit précédemment ! S’il est également appelé « Coffey Still », c’est parce qu’il s’agit d’un brevet (« patent ») déposé en 1830 par l’Irlandais Aeneas Coffey. Son invention (en réalité une amélioration de celle de l’Écossais Robert Stein) permis une véritable révolution dans le monde du whisky en termes de productivité et de qualité.

- Lomond Still : Beaucoup plus rare (uniquement utilisé par les distilleries de Scapa et Dalmore), il s’agit en réalité d’un alambic possédant une base similaire au pot still mais dont le chapiteau rappelle les alambics à colonnes.
 
Mais s’il existe différents types d’alambics, à l’intérieur de chacune de ces petites familles, chaque membre est unique. Taille, capacité, forme de la bouilloire ainsi que la longueur ou encore l’angle du col, source de chaleur (chauffe directe ou indirecte) …  Chaque alambic joue ainsi un rôle majeur sur le caractère du distillat ou « new make spirit » et décrit le style de la distillerie.

C’est pourquoi lorsqu’une distillerie souhaite accroître sa capacité de production, celle-ci n’investit pas dans de nouveaux alambics mais dans des répliques exactes de ses alambics existants, permettant de produire plus tout en ne changeant en rien le style de la maison !

Anecdote : la distillerie de Glenmorangie dans les Highlands possède les plus grands alambics d’Écosse du haut de leur 5.14 mètres, la taille d’une girafe adulte !

Pourquoi les alambics sont-ils en cuivre ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser à regarder les rayons de nos magazines de déco favoris… Le cuivre n’a pas été choisi uniquement pour ses qualités esthétiques.

Tout d’abord, il est nécessaire de rappeler que les alambics n’ont pas toujours été faits de cuivre. Quelques siècles en arrière, on utilisait n’importe quel matériau malléable comme la céramique ou encore le verre… Le cuivre s’est cependant vite imposé comme matériau idéal pour la construction des alambics : relativement facile à modeler dans n’importe quelle forme désirée, excellent conducteur de chaleur et résistant à la corrosion.

Il s’agit cependant d’un matériau coûteux, ce qui a poussé certaines distilleries à expérimenter avec l’acier inoxydable, pour un résultat qui malheureusement ne fût pas au rendez-vous. Comme nous l’expliquions précédemment, le cuivre permet également de se débarrasser des substances sulfurées volatiles à l’intérieur de l’alambic et favoriser au contraire les esters qui apportent des arômes fruités au distillat.

Plus il y aura de contact avec entre le cuivre et le spiritueux (particulièrement à l’étape de la condensation, lorsque la vapeur se transforme en spiritueux), plus le distillat au sortir de l’alambic sera léger et fruité.